Madagascar

 
Trajet pour Ranomafana [retour] [sommaire] [suite]
     
 
 

Ca ressemble de plus en plus à ce que j’imagine être l’Afrique. Rapidement, on est tout transpirant, Lionel est de plus en plus couvert de boutons qui le démange. A mon côté, il y a un papi qui me parle sans arrêt, le tout à trois sur une banquette faite à peine pour deux.


Le train de Manahara

A 19H30, après un voyage sympa mais harassant, nous sommes à Manaharan. Nous voici dans un superbe hôtel en bord de mer tenu par deux français. Devant un grand verre de bière, avec les vagues qui se fracassent sur la plage en bruit de fond, nous sommes pépères sur la terrasse. Et Lionel a de plus en plus de bouton et se gratte de plus en plus ! !

Vendredi 8 octobre, à 7H30, nous prenons le pousse-pousse jusqu’à la gare routière à 4 km de là, pour prendre le taxi-brousse jusqu’à Ranomafana. La gare routière, c’est une grande place en terre rouge (comme partout dans l’île) avec des cabanes sur pilotis autours (vu qu’il pleut souvent sur la côte orientale de l’île, cela peut servir), alignées avec quelques taxi-brousse devant. On trouve une cabane par destination, soit 3 ou 4, les autres sont des échoppes où on achète notre petit déjeuner : pain et "bonne vache", une pâle copie de l’autre.

A 8H30, on prend nos billets. Le taxi-brousse pour Ranomafana est une vieille Peugeot bâchée où on met 12 personnes à l’arrière avec les poulets et les bagages. Il y a deux bancs de chaque côté, 6 personnes par banc. Et les bancs ne sont même pas fixés. A l’avant, 2 ou 3 personnes peuvent s’installer à côté du chauffeur.

Le taxi-brousse part quand il est plein. En attendant, on prend notre petit déjeuner. On a également droit à un concert chanté par des écolières qui se marrent bien (comme souvent les malgaches le font) et qui ont de bien jolies voix.

Voyant que nous ne partons toujours pas, on va demandé à quelle heure on part. La réponse est surprenante : "aujourd’hui" ! ! Mais tellement caractéristique du pays. Ici c’est mora-mora.

Vers 11H00, notre sac à dos est arrimé sur le toit. Mais on ne part toujours pas car il manque encore deux personnes. On nous propose de payer les deux billets manquants. On en paye un et … vamos ! Entre temps, une grosse averse a le temps de se déchaîner et, le temps de bâcher le camion et de sortir nos capes de plastique, on est complètement mouillés. Les sièges aussi.

Enfin, nous partons, il est plus de 11H00, à 12 derrière, plus un gamin.

Le taxi-brousse

Nous avions cru être très malin en prenant les places à l’arrière pour voir le paysage. Pourtant, on aurait dû se poser des questions en voyants les autres se précipiter vers le fond du véhicule… Car si on peut profiter du paysage à l’arrière, on profite aussi et surtout de la pluie incessante et des gaz du pot d’échappement. Le serre-file, chargé de faire monter et descendre les passagers, s’installe sur le rabat arrière du taxi-brousse ! Il doit avoir mal aux fesses !

Et c’est parti. Pour un tour de 7 heures. La route n’est pas toujours goudronnée et quand elle l’est, il y a des nids de poules ENORMES. Dès que c’est possible, le chauffeur fonce comme un fou. Et d’un coup sec, il freine tant bien que mal pour passer les crevasses provoquées par l’eau. Il est bien difficile de rester à nos places, ballottés de tous les côtés.

On ne quittera pas nos places. La pluie cesse, on débâche pour pouvoir respirer un peu (satané pot d’échappement !). La pluie reprend 10 minutes après, on attend que tout le monde soit mouillé avant de re-bâcher. Et encore, seulement d’un côté. On se caille, on a les fesses trempées. Nos capes nous protègent un peu des courant d’air, mais les malgaches n’ont que de grands tissus pour la plupart, quelques uns ont un blouson. Un autre a une couverture.

Premier arrêt, "pour pisser", texto.

Second arrêt, pour vomir. Un malgache n’a pas supporté les gaz d’échappement. Un gamin en fera de même un peu plus tard. Ensuite, quelques autres arrêt, dont un plus important, sous la pluie, pour déjeuner. Vers la fin, Lionel est prêt à mourir, Les gaz du pot en plus des boutons qui grattent, c’est horrible. A propos de ces boutons, c’est un puce vampire. Elle attaque une partie du corps, distribue une vingtaine de bouton. Puis elle se déplace et continue son travail. On a compté : au moins 300 boutons. Véridique. Elle a sans dote attaqué à Ifasina dans le village où nous avons dormi.

De temps en temps, on décharge quelqu’un, plus souvent, on charge quelqu’un pour un petit trajet. Ou alors des provisions, comme du manioc ou encore des fruits bizarres en forme de ballon de rugby.

Après un voyage épuisant, mais dans des paysages magnifiques et grandioses, en tenant le banc qui se ballade et manque de se renverser à chaque nid de poule, en se serrant les uns contre les autres pour se tenir au chaud, on arrive enfin à Ranomafanan.

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