Monde 2001  
Carnet de voyage : Inde - En route pour Goa
       
     
Itinéraire - la carte
 

Mercredi 28 février, départ vers Bombay

Ce matin, on visite le City Palace, la maison du maharadjah transformée en musée pour la plus grande partie. Même si les peintures exposées ne me bouleversent pas, elle a raison Marion, ça fait partie du pays et louper cela signifierait ne pas connaître son histoire. Il y a 40 ans à peine, ils vivaient ici et c'est ici entre autres palais qu'ont été accueillis les Anglais, futurs colonisateurs.

Nous voici dans le bus pour Bombay. On peut dire qu'on est partis, pour ce qui est d'arriver, l'avenir reste incertain! Selon le rythme indien, nous avons démarré à 16h15 au lieu des 15h30 prévus, et toujours selon la coutume, nous nous sommes arrêtés 15 minutes après! Ca fait déjà 1/4 d'heure. Je crois qu'on répare le bus. De temps en temps, faux espoir et petite blague du chauffeur, on avance de 10 mètres, on s'arrête et on remet les cales au bus! Donc je ne sais pas du tout si on va arriver à Bombay cette semaine! Durée du trajet prévue : 15H pour 850KM. On verra bien. Le bus est "de luxe" bien entendu! Mais cette fois-ci, on a de la place pour étaler chacun deux fesses sur nos sièges, cool non? Sinon, il est plein et je crois que Lionel va encore se retrouver avec quelqu'un à moitié sur son accoudoir, à moitié sur lui. Quoique pour l'instant, ils s'assoient par terre. En plus, on a pris un autre bus, celui qui était prévu ayant 2 heures de retard. On s'en fout, on n'est pas pressés! 17h00, on dirait qu'on va repartir, le chauffeur fait ronfler le moteur. On met des bidons d'huile dans la soute, on ne sait jamais. Et ça y est! "Djello", comme on dit ici, "allez".

18h00. J'ai l'impression que ça fait 2 jours qu'on est dans le bus. Mon pantalon est mouillé par la tanspiration provoquée par le skaï "de luxe" de ce putain de bus de merde! La route est parfois complètement bloquée par des camions, des bus qui doublent, qui se rabattent, qui se retrouvent en travers de la route. Même si la route n'en comporte que 2 normalement, il y a parfois 4 ou 5 files. Tu ne sais plus qui monte et qui descend. Mais on a de la chance, en face ça avance encore moins. Par contre, dès qu'il y a 50 mètres devant le bus, le chauffeur, tout speed, accélère comme un fou et le car prend de la vitesse. Il a l'air un peu nerveux le chauffeur et je ne dis pas ça parce-qu'il a essayé d'exploser la voiture qui a tenté de s'incruster devant nous. Le point positif,c'est que les indiens ne fument presque pas. Si on était dans ce super bus de luxe avec des jordaniens, on serait déjà mort enfumé. C'est fou ce qu'ils fument! Remarque, ça ne veut pas dire que les poumons des indiens soient cleans, la pollution se charge de tout!

"Ah la Jordanie, je me taperais bien un kebab! - Moi aussi, surtout que j'ai deja bouche et estomac arrachés par les épices (ceci dit, c'est très bon) " Parait que c'est de la gnognote par rapport à la puissance des épices du sud de l'Inde! Ca va donner... Il va falloir se contenter de riz blanc 2 mois durant on dirait!

Sur la route, le spectacle est permanent: des jeunes filles puisant de l'eau, d'autres revenant avec le bac d'eau sur la tête, des maisons en torchis, des troupeaux, des villageois creusant tous ensemble, hommes, femmes et enfants, la tranchée pour faire venir l'eau, dromadaires transportant du foin, éléphants transportant des feuilles vertes, parties de foot, foin stocké dans les arbres ou sur des plates-formes élevées hors de portée des chèvres et vaches, carcasses de buffles attirant les chiens... Et ce bus qui roule comme un malade, ce n'est pas très rassurant.

Jeudi 1er mars.

On a croisé en route 5 ou 6 camions, bus et voitures bien explosés,fraichement explosés vu qu'ils sont encore en travers de la route et que ca provoque des bouchons incroyables. Et nous sommes toujours en vie! Youpi! Apres une excellente nuit absolument reposante, à rebondir sur nos sieges toutes les 2 minutes, à être réveillés (quand on arrive à dormir moment béni) par le chauffeur qui klaxonne comme un fou pour dire au camion qui vient en face de freiner parce-que lui, il double et que ça c'est important, ou par la lumière allumée intempestivement, ou par la satanée musique criarde aux sons super aigus et grésillants, volume à fond comme d'hab', de la super radio à piles du mec derrière nous! Pour une fois qu'il y avait un bus "no video, no radio"! Et surtout, les genoux coincés dans les sièges de devant et les fesses et le dos collés au skaï du siège, nous avons le droit à un magnifique lever de soleil dans les brumes de l'Inde. Lumière sublimée par les quelques nuages du matin, la brume et la montagne. Paysages et ambiance de film romanesque. Les enfants des villages se retrouvent autour des puits pour se laver et ramener l'eau à leur famille, les femmes ramassent déjà feuilles mortes et brindilles pour allumer le feu, les hommes boivent le tchae avant d'aller bosser. On aperçoit les buffles dans les étables accolées aux maisons. Je suppose que c'est un bon radiateur. Vers 9h30 du matin, nous arrivons à Bombay. Il nous faudra 1h30 a 2h00 pour en atteindre le centre. Nous traversons en fait un bidonville d'un bout a l'autre, cahutes, tentes faites de tout et n'importe quoi, plastiques, tissus, sacs, bois, toiles, et enchevêtrées les unes aux autres au point que Bombay semble posséder un deuxieme plancher. Difficile de savoir comment ils circulent dans cet imbroglio.

Une chose est sûre, aucune intimité et jamais de silence. Certains vivent à 50cm des routes très passantes, avec en tout et pour tout quelques couvertures posées par terre et un ballot de vêtements pour la famille. Tout le monde se lave dans les eaux d'égout (à ciel ouvert) et y lave son linge. Et chacun balaie devant sa "maison" ce qui en réalite ne fait qu'ajouter un peu plus de poussière en l'air, mais ils n'ont pas l'air malheureux. Ils acceptent leur sort.

On cherche ensuite un bus (hé oui, après 18h de bus, on en redemande) pour aller à la Victoria Railway station réserver le train pour Goa. Le plus vite sera le mieux. Comme ici il n'y a pas de rickshaws, un taxi nous propose ses services à 80 roupies tout de même (200 au départ). Il veut plutôt nous emmener à une agence de bus (où il touchera une belle commission) parce que "il n'y a plus de train pour Goa". On connaît la musique et ses 80 roupies plus sa commission, il peut se les garder, on y va en bus pour 6 roupies chacun.

Un bon plat de lentilles, de riz. Quelques samosas, une bonne douche (on puait grave) et ça repart !

Au fait, en plus de vaches, il y a des chèvres partout dans les rues mais pas souvent en liberté. C'est pour le lait je crois, il y a aussi les cochons. Pour les poubelles?

Vendredi 2 mars.

Dans les grandes villes, les hôtels sont vraiment chers, et quand tu arrives tard le soir, c'est vraiment la galère. On en a fait les frais à Delhi. A Bombay, le problème avec les "accomodations" (comment on dit déjà en français, logement ??) est aggravé par les arabes. Tu me diras, le chômage, la délinquance, le bruit et l'odeur, tout ça, c'est les arabes aussi, non? Sauf qu'à Bombay, ce sont les arabes milliardaires qui déconnent! Ils y ont élu domicile, et même s'ils ne fréquentent pas les mêmes hôtels bon marché que nous, toute la clique de leurs domestiques, chauffeurs, gardes du corps, et j'en passe, eux les fréquentent. Résultat, si ailleurs pour 150 roupies on a eu quelques fois droits à d'anciens palaces, là, pour 250 roupies cela ressemble plutôt à une cage à poules!

C'est donc à 4 heures du mat' qu'on quitte notre hôtel un peu miteux pour la gare. Direction Goa. Après la nuit horrible et le trajet de 18 heures dans l'horrible bus pour faire Udaipur-Bombay, on a décidé de prendre un billet deuxième classe, certes, mais avec air climatisé. Un régal. De superbes sièges inclinables même pas pourris (en skaï certes...), une place incroyable pour allonger nos jambes, et l'air ambiant rafraîchissant. Les 11 heures ont passé rapidement, incroyable, non?

Suite du voyage : Vacances à Goa

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