Monde 2001  
Tour du monde 2001 - Deux ans après...  
     
 

Janvier 2004. Cela fait deux ans maintenant que nous sommes revenus de notre tour du monde. On va essayer de vous faire découvrir ici les quelques pays que nous avons visité. En attendant de repartir nous même un jour... en bateau peut-être cette fois-ci...

En attendant, voici nos impressions et souvenirs deux ans plus tard...

Marion, deux ans après

Cela va faire deux ans que nous sommes rentrés de ce magnifique vagabondage. Deux ans, un mariage, un beau petit bébé et je crois que je n'ai pas encore atterri. Pas envie.

Chaque jour m'apporte matière à m'y replonger. Au début, je nous revoyais en Asie, en Inde, puis en Amérique du sud, centrale, et maintenant, tantôt d 'un côté, tantôt de l'autre. L'envie de repartir est là. On a envisagé de partir en voilier, plus tard, avec les enfants qu'on aura. Alors, on a fait notre premier stage de voile. Peut-être le début de la suite du rêve.

Quand je regarde les photos rapportées de voyage, je me demande ce que font les gens qui y sont. Que sont-ils devenus ? Quelle est leur vie ?

En attendant, on prépare notre retraite qu'on voudrait très, très anticipée. On travaille, on investit, on retape. Nos amis sont restés très présents.

On peut continuer à errer.

Financièrement, c'est comme l'achat d'une petite voiture : 60 000FF chacun, tout, tout compris, pour un an. Et pas d'impôts à payer l'année du retour. Le tout est de bien s'organiser pour le courrier, la déclaration d'impôts, la banque, les assurances...

Ce que je retiens peut-être le plus de ce voyage, c'est la liberté. Liberté d'être, d'esprit, de faire. La totale disponibilité d'esprit et de temps dont nous avons bénéficié et qu'il est difficile de conserver dans nos vies de fous. Ca nous a permis d'être réceptifs à ceux que nous avons rencontrés, à ce que nous avons vécu. J'espère réussir à ne jamais trop me laisser rattraper par le tourbillon de la vie, ne jamais trop oublier ce que j'ai appris.

Si quelqu'un hésite encore, un seul conseil, il faut le faire, partir à la découverte. Ca rend serein et ça ouvre l'esprit. Le tout est de le décider. (Personnellement j'ai trouvé beaucoup plus facile de décider de partir que de me forcer à ne pas partir.) Et de prendre une année sabbatique, ce qui permet de réintégrer son boulot et de pas partir à la dérive au retour.

Sur ce, bon vent !

Lionel, deux ans après

Notre voyage a suscité pas mal de curiosité. Ce n'est pas banal de partir un an. Et puis aller au Vietnam, visiter le Cambodge, remonter l'Amazonie ou encore traverser la Bolivie ça ne laisse pas indifférent beaucoup de monde. Tout comme ne laisse pas indifférent le fait de l'avoir fait sac à dos, dans des conditions que certains jugeraient austères ou tout au moins manquant de confort.

Tout commence par une occasion qu'on nous donne et que l'on saisit de partir. Dans mon cas, ce fût Marion. Je n'ai pas été élevé dans la culture du voyage. Je pense avoir été comme une majorité pour qui il y avait simplement des images, des villes, des régions, des fleuves qui faisaient rêver et d'autres qui faisaient peur, qui inquiétaient. Difficile d'échapper à l'imaginaire collectif, où se succèdent sans cesse exotisme et inquiétude à l'évocation de certains pays, religions, ou situations.

Et puis on décide de partir. Avec toutes ces idées préconçues. Vérités ou poncifs.

Alors vient le voyage. La route qui défile. Les visages remplacés par d'autres visages. L'émerveillement devant la nature majestueuse, devant un colibri minuscule, une baleine joueuse une colonie de fourmis qui balade des feuilles d'arbres. La fascination face à des civilisations à l'opposé de la notre, face aux vestiges de certaines autres aujourd'hui disparues. Les émotions, les situations touchantes, les joies, le dégoût, le sentiment d'injustice aussi parfois. Le plaisir d'être là, de voir ce qu'on voit, de connaître ce que l'on est en train de vivre. Mais aussi le sentiment parfois d'être de trop, de participer à un mouvement qui ne va pas dans le bon sens. Tour à tour touriste qui apporte du positif au pays et celui qui participe à un nouveau type de colonisation. Tour à tour celui qui aide et celui qui, maladroit, détruit sur son passage, corromps, influence dans le mauvais sens.

Et enfin, ou plutôt déjà, on revient. On revient vers la famille et les amis. Mais on revient aussi vers le boulot, la vie de fou. La société de sur-consommation. Avec le sentiment d'avoir fait quelque chose, non pas d'extraordinaire ni d'aventurier ni d'exotique. On revient avec le sentiment d'avoir fait quelque chose de marquant, avec la certitude qu'il y aura désormais un avant et un après. On revient avec l'espoir d'avoir fait un peu plus que simplement passer et s'être arrêté aux images d'Epinal mais avec la lucidité de n'avoir pas suffisamment creusé, peut-être par manque de temps, peut-être pour garder quelques illusions, peut-être aussi parce qu'il est agréable de butiner. On revient avec toute cette dualité et ces doutes qui nous ont accompagnés du début à la fin, ce mélange de réalisme sur le présent de l'humanité et sur l'avenir qu'on aimerait optimiste.

Alors lorsqu'on me demande " quel pays as-tu préféré ? " après la réponse évidente " tous ", je réponds que c'est sans doute l'Inde. Elle qui représente à elle seule tous ses aspects contradictoires. Elle qu'on aime puis qu'on déteste.

Et, lorsqu'on me demande " il en reste quoi de ce voyage ? ", j'ai un peu de mal à répondre. C'est un des événements les plus importants de ma vie (avec Marion et Cerise :-). C'était la liberté, c'était la découverte, c'était l'apprentissage, l'initiation. C'était l' immersion dans la vrai monde, le monde dont on ne connaît que les images déformées fournies par la téloche. Images insipides, noyées parmi tant d'autres et qui semblent tellement éloignées de notre petite vie confortable.

La Terre pourrait nourrir 30 milliards d'être humains s'ils vivaient comme les paysans du Bangladesh mais seulement 700 millions s'ils vivaient comme les européens occidentaux (Quid 2004).

Pour résumer - si c'est possible de mettre des mots sur ce mélange de sentiments, je dirais qu'on revient d'un tel voyage avec l'envie de crier que le monde est beau, riche de diversité, que la nature est époustouflante. Qu'il faut préserver tout cela. Et qu'il faut partir aller voir, se rendre compte par soi-même (c'est facile et abordable à partir du moment où on le veut). Et puis l'autre chose qu'on a envie de ressasser, c'est que nous autres, occidentaux, ne sommes même plus en mesure de nous rendre compte de la chance que nous avons, du confort dans lequel nous vivons. Et que ce confort, payé si peu cher par rapport au travail exténuant de beaucoup, est possible uniquement parce que les deux tiers du monde vit dans la misère, misère exploitée pour faire tourner notre monde à nous. Mais c'est là un autre débat...